Archive pour la ‘Opinion’ Category

TrailbreakerC’est l’hypothèse émise par Jean-François Lisée en se basant notamment sur l’étude Does the Canadian economy suffer from Dutch Disease?, publiée par des économistes de l’Université d’Ottawa, du Luxembourg et d’Amsterdam, et qui établit un lien entre l’appréciation du dollar canadien, dopé par l’exploitation du pétrole des sables bitumineux albertains, et l’effondrement de l’industrie manufacturière au Québec et en Ontario. Pour Équiterre, il est impératif que le gouvernement québécois mène une analyse rigoureuse de l’impact à long terme du développement de l’exploitation des sables bitumineux sur l’économie québécoise. Les Québécois connaissent le désastre environnemental associé à cette industrie; il faut également qu’ils aient une idée juste de son réel apport économique. Le 17 février, les résultats d’un sondage mené pour Équiterre et Défense environnementale révélaient que la grande majorité des Québécois refuse que l’industrie des sables bitumineux puisse alourdir le bilan d’émissions de GES du Canada, même si cela doit rapporter des bénéfices économiques au Québec.

Équiterre considère que le ministre canadien de l’Environnement, M. Jim Prentice, s’est couvert de ridicule en qualifiant de sottise (« folly ») la nouvelle réglementation québécoise qui impose des normes d’émissions pour les nouveaux véhicules. En effet, son propre ministère travaille à l’adoption d’un projet de règlement qui s’aligne avec les normes du Québec et de la Californie.

Selon un document du ministère de l’Environnement: « les normes proposées exigeraient d’importantes améliorations environnementales dans les nouveaux véhicules, et placeraient les normes canadiennes sur les émissions de gaz à effet de serre au pair avec les normes nationales des États-Unis et d’ici 2016, avec les normes de la Californie ». Le gouvernement fédéral assujettira les constructeurs de voitures et les concessionnaires aux mêmes exigences réglementaires.

« En voulant défendre les intérêts de l’industrie automobile et de l’industrie pétrolière, le ministre Prentice n’aide en rien sa propre crédibilité, en plus d’induire les Canadiens en erreur quant aux normes en préparation dans son propre gouvernement », a déclaré Hugo Séguin, coordonnateur du dossier des choix collectifs d’Équiterre.

Équiterre suggère au ministre Prentice de faire preuve de plus de cohérence dans ses interventions. Équiterre est également intéressé à connaître l’avis de M. Christian Paradis, ministre canadien des Ressources naturelles, sur ces questions.

Le projet de règlement du ministère canadien de l’Environnement peut être consulté à l’adresse : http://www.ec.gc.ca/default.asp?lang=Fr&xml=6D9FD9C9-252A-474C-BAF6-7718F7EF4E2B

Publié dans La Presse de ce matinPublié dans Le Soleil de ce matin.

« L’accord de Copenhague » : un faux départ qui risque de nous faire vivre des changements climatiques dangereux

Copenhague, 19 décembre 2009 —Le Sommet des Nations unies sur le climat de Copenhague tire à sa fin avec une décision qui ne permettra pas, à moins d’être renforcée immédiatement, de protéger le monde contre des changements climatiques dangereux, selon les membres de Climate Action Network–Réseau Action Climat Canada.

Le Canada a joué un rôle très négatif durant ces pourparlers a été particulièrement la cible des critiques de la communauté internationale, se voyant même remettre le prix « Fossile de l’année » lors de la dernière journée de négociation.

« Cette entente doit être améliorée le plus rapidement possible », affirme Graham Saul, directeur général de Climate Action Network–Réseau action climat Canada. « Les négociateurs doivent retourner à la table et accoucher d’une véritable entente pour les gens et la planète d’ici la fin juin. Et les Canadiens ont besoin d’un gouvernement pour qui les changements climatiques priment sur les intérêts étroits de l’industrie pétrolière », ajoute-t-il.

L’accord préliminaire obtenu ce soir à Copenhague – mais qui n’a pas encore été finalisé par la Conférence des parties, dont les travaux se poursuivent – n’inclut ni objectifs contraignants pour les pays développés, ni échéancier pour conclure un accord final. L’approche retenue ne permet pas d’assurer que les pays vont réduire leurs émissions conformément aux recommandations scientifiques visant à éviter des changements climatiques dangereux.

« Le Canada s’est présenté à cette rencontre les mains vides, et malgré deux semaines de critiques intensives, le gouvernement maintient sa position inacceptable », explique Steven Guilbeault. « La contribution du Canada à Copenhague se résumera à avoir défendu des cibles nettement en deçà de ce que recommande la science, et à ne pas avoir engagé de nouvelles sommes pour venir en aide aux pays les plus pauvres qui doivent composer avec les impacts des changements climatiques.

« Le Premier ministre trahit l’espoir des Canadiens à Copenhague », explique Dale Marshall de la Fondation David Suzuki. « Le Canada doit retourner à la table de négociation pour travailler à une entente juste, ambitieuse et légalement contraignante. Les Canadiens demandent un fort leadership sur le climat et la pression actuelle ne cessera pas ».

« Il ne fait pas de doute ce soir que le refus du gouvernement Harper d’imposer des limites à la pollution de l’industrie pétrolière a largement contribué à affaiblir les négociations à Copenhague » affirme Tzeporah Berman, de PowerUp Canada. Nous avons besoin d’un plan pour tous les Canadiens, pas seulement pour l’industrie des sables bitumineux et des combustibles fossiles.

Le Canada assumera la présidence du Sommet du G8 à Muskoka en juin 2010, et l’enjeu des changements climatiques sera certainement un des principaux points à l’ordre du jour de cette rencontre.

« Les Canadiens, les provinces, les villes et les autres pays demandent au Canada d’exercer son leadership » , dit Clare Demerse, de l’Institut Pembina. « En tant que hôte du prochain sommet du G8, le Canada ne peut continuer à reporter à plus tard la réduction de ses propres émissions. Le gouvernement doit agir dès maintenant pour mettre en place au pays un véritable plan de lutte aux changements climatiques et il doit résolument s’engager à soutenir les pays en voie de développement qui subissent déjà les conséquences des changements climatiques ».

Salut, un collègue non canadien, à l’intérieur du Bella Center, a écrit ceci, il y a 45 minutes…

The cold and the dark have settled more deeply on Copenhagen tonight,
and the prayer and meditation rooms here at the Bella Center look like
they’re attracting more visitors.

Voici une caricature de Monsieur Pano, citoyen qui suit le blogue d’Équiterre

Rit-du-Monde

La valse des célébrités est commencée ! Les chefs d’état et de gouvernement commencent à arriver. La sécurité est de plus en plus serrée. Des hélicoptères survolent le centre. Le nombre de représentants d’ONG qui peuvent accéder au Centre est réduit, parce que plus de 55 000 personnes ont été accréditées, ce qui dépasse largement la capacité du Bella Center !

Bref, cela commence à chauffer, la pression monte.

En parallèle, il y a une foule de cocktails et soirées organisées. Hier, nous étions de la réception du Climate Group, qui visait à saluer les leaders de provinces ou états qui démontré du leadership dans la lutte pour le climat. Devinez qui y était ? Arnold ! Il a même terminé son allocution par le très cliché « I’ll be back ! ».

Notre premier ministre Charest aussi y était.

D’ailleurs, il était aussi de notre conférence de presse de ce matin (voir post antérieur).

Décidément, la pression monte. Et Obama n’est pas encore arrivé…

Une caricature d’un lecteur de notre blogue, M. Denis Roy.

L'image du Canada dans le monde

tck_tck_tck

Samedi passé, entre 30 000 et 100 000 personnes sont descendues dans les rues de Copenhague pour demander un accord sur le climat équitable et ambitieux. Mais comment tous ces gens se sont-ils retrouvés ensemble au même moment? Une manifestation spontanée? Pas du tout. En fait, cela faisait depuis la rencontre de Montréal sur le climat (COP 11) que l’on avait vu de telles manifestations populaires. Qui était derrière ca? Une vaste coalition regroupée sous le slogan Tck Tck Tck.

Cette coalition a réussi en quelques mois à coordonner toute une série d’actions de sensibilisation et de mobilisation de citoyens partout sur la planète. Ils ont notamment coordonné une pétition de 10 millions de noms qui a été remise au Secrétaire général du Secrétariat des changements climatiques de l’ONU, Ivo De Boer. Cette coordination est sans précédent puisqu’elle réunit maintenant des groupes de différents horizons comme Oxfam, WWF, le Conseil mondial des églises et… Équiterre.

Comme Québécois, on peut d’ailleurs être fier de cette coalition. D’abord parce que son secrétariat est à Montréal. Mais surtout, parce qu’elle a vu le jour grâce, notamment, à l’initiative de Québécois. Hugo Séguin et Steven Guilbeaut d’Équiterre ont été les bougies d’allumage de cette coalition de grands acteurs internationaux qui avait besoin d’un «petit» pour jouer à l’entremetteur. Ensuite, Line Beauchamp, ministre de l’Environnement du Québec, a accepté, non seulement d’investir les premiers dollars dans l’initiative mais, en plus, de solliciter et de mobiliser d’autres intervenants. Enfin, Jean-Marc Mangin a accepté le mandat de diriger cette coalition, ce qui l’a amené à passer une bonne partie de 2010 loin de sa petite famille.

Tck Tck Tck a réussi à mobiliser les foules partout dans le monde avec l’aide de ses nombreux partenaires. Espérons que les chefs d’états auront entendu le message…

Youppi ! Nous fermons les ordis et allons rejoindre les Danois pour la série d’événements de mobilisation.

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